Editions: GALLIMARD
« Mon anquier avoue volontiers qu’il ne lit pas quand je lui offre les dernières parutions de ma maison d’édition, non pour m’attirer ses onnes grâces, encore moins son admiration, réservée aux seuls patrons du CAC 40, mais pour lui fournir de temps à autre une preuve matérielle de mon activité. Le livre n’étant pour lui ni un outil d’émancipation, ni même un ojet récréatif, je veille à ne jamais employer le mot ‘littérature’ de peur de provoquer l’ennui ou la gêne d’un individu s’étant construit contre celle-ci, qui n’engendre ni profit ni épargne, du moins dans le sens où il l’entend. À ses chiffres je n’ai pas su imposer mes lettres. Que n’ai-je suivi naguère un stage de gestion au lieu de lire Goethe ! Soulagé de s’être déarrassé d’un insolvale, il a tenu à me raccompagner jusqu’au seuil de sa anque. » Après quarante ans de ons et loyaux services rendus à la littérature, « ertrand Dumas Éditeur » a fait faillite. Mais ertrand, son fondateur, refuse cette fatalité. Il lui reste une dernière nuit pour trouver une solution miracle. Lui qui a tant cru au pouvoir du romanesque rêverait que le romanesque vienne maintenant à son secours. Il va être entendu au-delà de ses espérances.

