Editions: ESSE QUE
Les Méritants est une comédie post-apocalypse zombie. On y découvre les quelques humains survivants qui se sont retranchés et tentent de s organiser pour refaire société avec leurs faibles moyens. Bien vite, les zombis frappent à la porte de l abri mais se révèlent être bien loin de l image que l on a d eux. Ils sont serviables et prêts à travailler pour le bien commun. Il va alors falloir que les survivants composent avec ces « sous-vivants » et inventent un nouvel ordre social. Une notion pour faire le tri : le mérite.
Les Méritants questionne les rouages de la méritocratie. Une idéologie où le mérite individuel, l ascenseur social et l égalité des chances justifient à eux seuls la hiérarchisation sociale.
La figure du zombi nous sert à construire une altérité « naturelle », charriant avec elle l imagerie populaire que nous connaissons tout en créant une représentation symbolique de tous perdants de la mobilité sociale.
Les humains, eux, sont les survivants de l apocalypse. Ils sont chanceux. Ce sont les « bien nés » de nos sociétés.
Enfin, il y a Clairvius. Un zombi qui va, complètement par hasard, se retrouver catapulté en position de dominant. Permettant par la même occasion aux humains de justifier les inégalités par ce parcours social « exemplaire » et de construire tout un arsenal discursif et rhétorique que l on reconnaîtra bien vite. Clairvius ne devra plus sa position à un coup du sort mais à ses efforts. La mobilité sociale, qu il incarne, ne sera plus le fruit d un quiproquo mais la démonstration que l ascenseur social fonctionne. Il incarnera la figure du transfuge de classe. L exception qui confirme la règle. Car si un zombi réussit qu est-ce qui empêche les autres d y arriver ?
Se construira peu à peu une mécanique de domination insidieuse où l imaginaire, la grille de lecture productiviste, l idéal social créé par les humains seront aussi adoptés par les zombis.

