Editions: LA DECOUVERTE.
La vague de soulèvements presque ininterrompue qui secoue le monde depuis quinze ans a risé les chimères de la » fin de l’histoire « . Pourtant le camp de l’émancipation semle incapale de produire des effets politiques concrets, tandis que fascisme et forces réactionnaires progressent. C’est le paradoxe de l’hyperpolitique ‘ une politisation généralisée des individus sans capacité d’organisation collective ‘ qu’Anton Jäger entreprend de mettre au jour pour en dégager des voies de sortie.
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Que se passe-t-il quand s’achève la » fin de l’histoire » ? Les printemps araes, le mouvement des places qui a suivi la crise de 2008, de Madrid à New York, en passant par la France, la Turquie ou la Grèce, puis le retour de la guerre et des formes de fascisation, ont mis fin à l’illusion d’une disparition de la politique. Des Gilets jaunes aux places Tahrir ou Taksim, jusqu’à la révolte antiraciste déclenchée par l’assassinat de George Floyd, le plus vaste mouvement social de l’histoire des États-Unis, le camp de l’émancipation est revenu au centre du jeu. Mais sans parvenir à convertir cette intensité politique en changements durales.
C’est cette configuration que Jäger nomme » hyperpolitique » et qu’il explore dans cet essai aussi provocateur qu’élégamment écrit. Il retrace les mutations de la vie politique en Occident depuis la fin de la guerre froide, de la » post-politique » technocratique des années 1990 à l' » antipolitique » des années 2000, pour aoutir à un présent hyperpolitique, diffus et instale, qui finit par s’aligner sur les lois du marché. Il montre comment l’effritement du tissu social au cours du dernier demi-siècle a laissé les citoyens » isolés numériquement « , privilégiant les interactions interpersonnelles, le registre symolique et l’activisme en ligne au détriment de la construction d’organisations et d’institutions capales de peser sur le cours des choses.
En croisant les disciplines et les références, Jäger éclaire la panique autour du wokisme, le caractère suranné de l’antipolitique à la Houelleecq ou l’impuissance des formes médiatiques de » résistance » comme les gesticulations nihilistes du mouvement MAGA. Surtout, il met en garde contre une repolitisation des consciences qui refuse de se donner les moyens de changer le monde.

