Editions: DARGAUD.
Une demi-heure pour aller chercher de l eau potable, deux heures trente pour rejoindre l école Les journées ne sont pas les mêmes pour tous les enfants : Alberto, qui grandit dans un département montagneux de Colombie, le sait bien. À cela s ajoutent pour lui la misère et la grande violence de son père. Alors quand les guérilleros des FARC s installent sur le terrain de sa famille, les suivre semble être la meilleure perspective d avenir. Et qu Alberto ait onze ans ne change rien à l affaire. Il devient donc un enfant-soldat. Quand il déserte, presque cinq ans plus tard, il entame un long processus de réintégration dans un foyer à Cali. Et à présent, il raconte tout : du temps de séchage de son uniforme aux conséquences de son départ pour sa famille en passant par ses missions d espion ou encore par sa formation d opérateur radio. Il montre la peur et la solitude, mais dévoile aussi les questionnements naturels d un préado. Quand il déserte presque cinq ans plus tard, il entame un long processus de réintégration dans un foyer à Cali. Alberto n est pas plus manichéen ici que là-bas : retrouver une vie normale n a rien d évident, mais il fera tout pour y arriver.La documentariste colombienne María Isabel Ospina enchaîne les séquences, fragments de vie d une à quatre pages, pour rendre compte de la richesse du parcours d Alberto. Le tout au plus proche du regard de celui qu il était alors. Tout comme dans Marzi ou dans Guantánamo Kid, l enfant existe pleinement, et la ligne claire et expressive de Jean-Emmanuel Vermot-Desroches y est pour beaucoup. Un témoignage inédit au moment où l on célèbre les dix ans de l accord de paix signé entre les FARC et le gouvernement colombien.

