Editions: ACTES SUD
Ce qui traverse toutes ces figures, de Platon à Claudel, malgré leurs divergences, c’est une même certitude tacite : la musique agit avant qu’on ne le pense. Elle précède l’analyse, déborde les cadres, s’impose comme une expérience. On peut la réglementer, la soupçonner, la subordonner, mais jamais la contenir tout à fait. Si elle engage si fortement la spiritualité, c’est qu’elle touche à une zone antérieure au langage, où se forment les dispositions les plus profondes de l’âme. Elle n’enseigne pas, elle dispose elle ne conclut pas, elle met en état. C’est pourquoi elle échappe toujours aux définitions trop nettes. La musique n’est ni chemin assuré vers le spirituel, ni simple tentation sensible: elle est l’épreuve même de cette indécision.

