Editions: POLONY JACQUES ET ISABELLE
Dans l Apocalypse de Jean « ce qui vient », est déjà là, « Il vient dans l instant ».
L?instant, le « Kairos » est le contraire du « Chronos ». Le temps qui va, qui s?écoule et qui dans la mythologie est un dieu qui dévore ses enfants. Le « Kairos » est davantage, fils de YHWH, « l?Etre qui est ce qu?il est » l?Etre ainsi, l?Amen, l?Alpha et l?Omega, le commencement et la fin, autant de noms qui l?évoquent dans le livre de l?Apocalypse.
« Il vient dans l?instant » que cet instant soit glorieux ou catastrophique, « Celui qui est », « est là ». Les événements quels qu?ils soient sont l?occasion de son dévoilement apokalypsis et de sa manifestation (parousia).
Ce messianisme de l?Instant nous montre que ce qui est à découvrir n?est plus à chercher dans l?avenir mais dans la profondeur.
Il substitue à la lecture habituelle, c?est-à-dire horizontale, de l?histoire, une lecture verticale.
Et cela débouche sur des abîmes. Ces abîmes sont irreprésentables : les symboles épuisent nos concepts et nos images, ils nous conduisent au-delà de toute représentation et nous obligent à l?abstraction.
Seule l?instantanéité pure et travaillée des sons et des couleurs peut témoigner de ce qui se révèle dans le tohu-bohu (chaos en grec) des événements et le brouhaha de ses interprétations : cette simplicité tragique, cette innocence aimante que n?évoque plus suffisamment pour nous l?image de l?Agneau : la force invincible de l?humble amour.

