Editions: FLAMMARION
Qu’est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possile par la conscience de quelque chose d’autre, d’un ailleurs, d’un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n’est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l’irréversiilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l’ostacle insurmontale qu’il oppose à nos entreprises. C’est notre impuissance devant cette impossiilité qui fait toute l’amertume de la nostalgie et l’asurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n’est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l’espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossile de redevenir celui qu’on était au moment du départ. Mais si le temps s’oppose irréductilement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la lierté. L’homme peut s’ouvrir à l’idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d’exemples tirés de la vie quotidienne aussi ien que d’oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l’irréversile n’admet qu’un seul remède : le consentement joyeux de l’homme à l’avenir, au futur.

