Editions: BORD DE L EAU
Partout en Europe, les partis sociaux-démocrates ne semblent concevoir leur avenir que dans une stratégie de validation des politiques de droite. En ce sens, l exemple anglais nous donne à voir une mutation « chimiquement pure ». Le 4 juillet 2024, le Parti travailliste remporte une victoire éclatante aux élections nationales, obtenant l’une des plus larges majorités de l’histoire du Royaume-Uni. Keir Starmer a réussi son pari de ramener le Labour au pouvoir après 14 ans d’opposition. Sa stratégie de recentrage du parti vers des positions plus modérées et sa détermination à résoudre les dissensions internes semblent avoir porté leurs fruits. Mais derrière cette image de compétence et de sérieux se cache une tout autre réalité. Celle d un homme qui se sera d’abord présenté comme l’héritier d’une gauche progressiste, avant d abandonner la quasi-totalité de ses engagements pris lors de son élection à la tête du parti. Un leader intransigeant envers ses propres troupes, qui n aura pas hésité à expulser brutalement les voix s écartant de sa ligne. Une politique présentée comme pragmatique mais qui semble surtout se caractériser par une continuité surprenante avec les orientations des gouvernements conservateurs précédents. Est-ce vraiment pour cela que les électeurs ont voté ? C est pour comprendre les paradoxes de ce succès que l auteur propose de se plonger dans l analyse des transformations de la gauche britannique sous la direction de Keir Starmer durant les années qui l’ont conduit au pouvoir.

